Robert Prost, direction scientifique de la Plateforme d’observation des projets et des stratégies urbaines dans les grandes villes françaises
De nouveaux enjeux urbains s’imposent dans l’espace public, dans un contexte où se conjuguent les dynamiques locales et globales : le développement socio-économique (activités, emplois, logements…) ; le développement durable ; la mobilité ; la maîtrise des formes urbanisées, avec le retour incontournable de la densité ; la gouvernance et ses instruments de travail. Ce faisant, l’intervention sur la ville se transforme. Les échelles et les temporalités d’intervention s’imbriquent, et de nouvelles alliances se mettent en place pour assurer la transformation de la ville : entre le public et le privé ; entre les stratégies urbaines et les projets ; entre les stratégies urbaines et les stratégies en aménagement ; entre l’urbanisme, le paysage, l’architecture et le design.
Avec la disparition de l’industrie sur laquelle elles s’étaient développées, Lille et Bilbao ont perdu dans les années 1980 toute attractivité et semblaient condamnées à voir fuir leurs travailleurs vers d’autres villes plus attractives. Pour enrayer ce déclin, les acteurs publics ont investi massivement dans des projets urbains très ambitieux qui avaient deux grands objectifs : créer les conditions favorables à l’installation de nouvelles activités économiques et casser l’image de ville déclinante, pour imposer une image moderne. Pour y parvenir, les villes ont mobilisé les plus grands architectes : César Pelli, Rem Koolhaas, Jean Nouvel, Norman Foster, Frank O. Gerry ou encore Christian de Portzamparc, qui ont construit des musées, des bureaux, des logements ou encore des stations de métro.
L’actualité récente a mis un projecteur pas toujours flatteur sur un certain nombre d’évènements touchant à l’urbanisme français, sans toutefois donner beaucoup de clés pour en comprendre les raisons, qu’il s’agisse de la crise des banlieues de novembre 2005, de la lutte entre Londres et Paris pour l’obtention des Jeux Olympiques en 2012, du concours des Halles, ou de la délocalisation à Venise du projet de la fondation Pinault. Il est difficile de déchiffrer les causes profondes de ces phénomènes sans connaître le contexte historique, politique et administratif de l’urbanisme en France.
Le séminaire s’articulait autour de trois présentations, la première, celle d’Alain Bourdin, qui a discuté du développement des villes universitaires dans le contexte européen ; la deuxième, par Alexandre Chabot, qui a permis de présenter la problématique du développement immobilier de l’Université de Montréal et l’importance, pour l’établissement de développer un deuxième campus montréalais ; la troisième présentation, par Aurèle Cardinal, a permis de discuter du projet d’aménagement du campus Outremont, proposé par l’Université de Montréal. Le projet de l’Université de Montréal pose de grandes difficultés, au-delà du cadre de gouvernance dans lequel il doit être élaboré. Il pose entre autres la question de l’insertion d’un projet de développement de ce type dans la ville et, également, la question du nécessaire partenariat pour en assurer la mise en œuvre.