Quel est l’impact de la présence des institutions européennes sur le marché immobilier de Bruxelles et de sa périphérie ? Si elle n’est peut-être pas taboue, la question assurément embarrasse. Pointe-t-on une influence trop directe de l’Union sur les prix du logement à Bruxelles, et l’on risque de se voir taxé de populisme (et d’insensibilité à l’apport — certes précieux — de l’Union pour la capitale). Nie-t-on, en sens inverse, toute corrélation, et c’est de déconnexion de la réalité que l’on sera accusé. Certes, en ce qui concerne l’impact direct, cette incidence est à la fois circonscrite sur le plan géographique et cantonnée à un certain segment du bâti. Toutefois, la concentration des agents de l’Union dans les quartiers — aisés — de la capitale et dans les catégories — supérieures — de biens ne va pas sans induire des effets indirects qui se répercutent en cascade sur les autres secteurs, touchés eux aussi. Non satisfaite dans ces zones prospères devenues petit à petit inaccessibles financièrement, la demande se « rabat » sur des périmètres — limitrophes ou non — un peu moins qualifiés qui, à leur tour, voient leurs tarifs s’apprécier, et ainsi de suite. Par ailleurs, les conséquences se situent également au niveau de la gentrification que les Européens provoquent — malgré eux — en investissant certains quartiers centraux dégradés. La question est complexe, on le voit.

Nicolas Bernard est professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis.

2009 Immobilier Bruxelles 300 

 

 

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